jeudi 18 février 2010

A la découverte des girafes...

Passionnée par la nature depuis mon enfance, je me régale de découvrir au Niger des espaces où la faune et la flore sont différents de ce que je connaissais jusqu’à présent.

Même si en France, j’ai eu l’occasion de me rendre plusieurs fois au zoo ou dans des cirques pour voir les animaux africains, se retrouver à quelques mètres d’eux en pleine nature, dans leur cadre de vie, est tout à fait différent.

J’ai donc eu la joie de me rendre deux fois, dans la réserve naturelle de Kouré, à 60km de Niamey, endroit réputé pour ses girafes.



Le Niger est le dernier pays d’Afrique où l’on peut encore voir une certaine espèce de girafe : la girafe peralta.
Ainsi, une centaine de girafes vivent en liberté dans la brousse tigrée du Niger (car lorsqu’on l’on prend une photo aérienne de ce type de brousse, les arbres dans le sable ressemblent au pelage d’un tigre).

Pour se rendre à la réserve de Kouré, un véhicule tout terrain est recommandé pour traverser la brousse. Si vous avez une caisse à l’arrière, ce sera encore mieux pour pouvoir les observer de loin et ressentir toutes les bosses du parcours.


Guide en train de diriger la voiture vers l'endroit où l'on peut voir les girafes
à l'aide d'un bâton pour indiquer la direction

A l’entrée du parc, vous devez prendre un guide qui vous accompagnera dans les endroits où l’on peut les trouver même si ce sont de grand animaux, les plus hauts de tous (5,50mètres et tout de même 1,80m à la naissance !!)

Os de girafe exposés à l'entrée de la réserve, qui montrent la taille imposante des girafes

En effet, les retrouver derrière les arbres n’est pas toujours simple.
Parfois, on pourrait croire qu’elles jouent à cache-cache…


En saison sèche, comme c’est le cas en ce moment, il faut parcourir plusieurs km avant de les voir, car elles sont constamment en recherche de nourriture et d’eau.

Leur menu du jour : des feuilles et les rameaux d’arbres et...


... des haricots des jardins!!! ce qui empêche une bonne entente avec les villageois. Mais ces derniers sont fautifs dans ces habitudes alimentaires. En effet, il y a quelques années, les feuilles d’arbres leur suffisaient mais les hommes ont procédé au défrichage et au déboisement.


Les girafes vivent en petits groupes dominés par un mâle mais conduit par une femelle. Ah quand on dit que les dames n’ont pas le sens de l’orientation !!


Et une girafe, ça court tout de même assez rapidement : jusqu’à 50km/h donc inutile de courir après pour essayer de l’attraper, surtout que lorsqu'elles sont à plusieurs, on dirait qu'elles ont une stratégie de fuite en partant chacune de leur côté...


Et quand vous l’admirez en train de marcher, vous constaterez une démarche un peu spéciale comme celle du dromadaire : elle marche et trotte en avançant alternativement les deux pattes droites puis les deux pattes gauches.


Pour les prendre en photo : la meilleure technique est d’avancer doucement et de prendre tout son temps. J’ai réussi à en approcher une à moins de 3mètres.


C’est très impressionnant. Nous étions à nous regarder en train de nous demander laquelle de nous deux avez le plus peur de l’autre.


Si vous les rencontrez vers 13h au moment de la forte chaleur, vous les verrez faire la sieste à l’ombre des arbres...
... pendant que d’autres préfèreront encore attraper quelques feuilles avec leur longue langue et leurs lèvres préhensiles.

Elles dégustent même les feuilles des arbres épineux et ne se font pas mal aux yeux grâce à leurs longs cils que ne sont donc pas là uniquement pour leur donner un regard d’ange.


Sinon, je ne sais pas pourquoi on représente les girafes en jaune avec des taches noires, il faudra que les dessinateurs y regardent de plus près : elles ont pelage ocre avec des taches de couleur marron.


Ah!!! il ne vous reste plus qu'à venir vous aussi les rencontrer, à moins que ne vous préfériez garder le souvenir de "sophie la girafe", votre jouet d'enfance favori...











lundi 8 février 2010

La fin des vacances: déjà...

Pendant 2 semaines, j'ai eu la joie de faire découvrir à ma petite soeur mes endroits préférés de Niamey et ses environs mais aussi de découvrir d'autres endroits plus lointains.
Ainsi, dans mes prochains articles, vous découvrirez à votre tour ces endroits insolites qui vallent vraiment le détour.

Merci Flo pour ces moments de rire...


Aujourd'hui, la reprise va être un peu dure après ces 15 jours de détente mais heureusement, j'aime beaucoup la mission pour laquelle je suis ici en Afrique et j'espère que tous ces efforts auront un jour des résultats.

Sur le sable... ou dans les airs...

Dans mon dernier article, je vous avez quitté avec la fraîcheur d’une nuit en pleine nature. Le lendemain, nous nous levons donc à l’aube, vers 6h30, pour pouvoir admirer le lever du soleil sur le fleuve. Je connais un point de vue en hauteur qui nous permet de surplomber toute la vallée du Niger et avoir une vue panoramique sur les champs de mil et les collines au loin. Nous ne sommes pas déçues par la beauté de ces couleurs changeantes de minutes en minutes : toute la vallée s’éclaire petit à petit.
Et surtout, nous apprécions les dernières heures de fraîcheur avant la chaleur de la journée.
Puis, retour au relais pour un petit déj, sur la terrasse au bord de l’eau. Les pirogues passent non loin. D’autres viennent accoster pour prendre des passagers et les emmener faire leur commerce.

9h30 : départ pour une randonnée un peu spéciale : pendant plus d’une heure, nous allons être ballotées, tantôt à droite et tantôt à gauche, à plus de 2 mètres du sol.
Vous l’avez deviné… Nous avons adopté le mode de transport du désert : la promenade à dos de dromadaire.

Et détrompez-vous : ce n’est pas si tranquille que cela. Déjà, se hisser sans tomber la tête la première par-dessus l’animal et puis rester assise sans tomber de sa monture : c’est vraiment du sport !!

Au cours de cette balade, nous grimpons sur le plateau caillouteux pour surplomber le fleuve et il fait bien chaud là haut:




puis nous descendons dans la vallée et traversons plusieurs petits villages animés. Les enfants accourent pour nous demander des cadeaux, les jardiniers se retournent pour nous dire bonjour. Dans ces villages, nous trouvons le même type d’école dans des bâtiments en dur, construites par des ONG.

Nous revenons au relais : dernières photos souvenir avec le dromadaire.



Puis, nous faisons la recharge en eau, pour le reste de la journée car il fait déjà plus de 35 degrés et il n’est pas encore 11h.

Mais une mauvaise surprise nous attend : le pneu d’un vélo est dégonflé alors que nous avons prévu le retour vers Niamey en vélo. Et en bonne vacancière étourdie, je n’ai pas emporté de pompe.
Il faut donc faire 2 km à pieds dans le sable, avec les vélos à la main, pour rejoindre le goudron.


Cette fois-ci, une bonne surprise nous attend : nous rencontrons des gendarmes sur le bord de la route en train de faire des contrôles. L’un deux nous regonfle le pneu et nous informe de la présence d’un vulcanisateur à 3km. C’est un homme qui répare les pneus. J’apprends ainsi un nouveau mot, ce qui me vaudra le rire de ce gendarme, tout fier d’apprendre un mot du dictionnaire français à une française !!

Au bout de 3km, le pneu tient toujours, nous décidons donc de poursuivre jusque Niamey, sachant que si ça ne tient pas, il n’y aura plus de poste de réparation. Mais je sais qu’il y a tout de même la possibilité d’embarquer à bord d’un taxi brousse en mettant les vélos sur le toit.

Après quelques pauses repos et quelques arrêts photos pour admirer les mini canyons creusés par l’eau pendant la saison des pluies,



nous arrivons à Niamey, ou plutôt l’entrée de Niamey, car il reste encore plus d’une demi heure de route.



Nous quittons la longue route tranquille pour laisser place au vacarme des klaxons et il faut alors se faufiler parmi les voitures et les taxis arrêtés le long de la route.

Nous arrivons en début d’après midi et quoi de mieux que quelques longueurs en piscine pour finir ces deux jours d’excursion…

lundi 1 février 2010

Au fil de l'eau...

8h : me voici en selle sur mon vélo, suivie par ma petite sœur pour une petite excursion de 2 jours. Pendant mes quelques jours de vacances, je veux lui faire découvrir l’un de mes endroits préférés près du fleuve Niger. Nous avons RDV à l’autre bout de Niamey pour être récupérées en 4X4 et nous rendre au relais Kanasi, campement à 15 km de la sortie de Niamey.

Dépaysement total : nous passons du désert de sable et de cailloux à une végétation luxuriante au bord de l’eau : manguiers, roseaux, nénuphars, …


Une pirogue, menée par un habitant de l’île d’en face, nous attend pour nous emmener au marché Boubon à une heure et demie de rame. Nous profitons de ce calme, loin des klaxons de Niamey.



Beaucoup de pirogues se rendent à ce marché qui a lieu tous les mercredis : touristes ou Nigériens vendeurs et acheteurs. Le long du fleuve, nous apercevons aussi des gens faisant leur lessive ou leur toilette, ou des enfants jouant dans l’eau.



A l’approche de Boubon, nous entendons le bruit d’une foule et enfin le marché s’offre à nous : une foule multicolore dans un joyeux fouillis.


Le débarquement au milieu du bruit… et nous devons nous frayer un chemin parmi de nombreuses personnes voulant nous attirer chacune vers leur étalage. Nous décidons de nous échapper de ce vacarme et de visiter premièrement le village : nous passons dans les petites cours regroupant plusieurs habitations en banco : nom donné aux murs de briques recouverts d’argile.




La cour est le lieu de vie principal : les femmes discutent avant de préparer le repas avec le pilon (récipient en bois qui sert à broyer les céréales ou les herbes à l’aide d’un bâton).



Ce repas sera cuit sur un feu de bois dans la cour. Des animaux errent aussi à la recherchent de nourriture.
Les constructions recouvertes de toits en pailles et dont les murs sont en paille ou en banco, s’appellent des greniers. Elles servent à abriter les céréales pendant plusieurs mois. Elles sont construites à 30 cm du sol pour éviter que les termites ne s’installent dedans.


Puis, nous revenons sur le marché : les vendeurs de légumes, épices et herbes se disputent les acheteurs.



Mais ce marché est réputé pour ses canaries : grands vases d’argiles décorés, servant à conserver l’eau au frais.




Une pause pique nique près du fleuve nous permet de découvrir davantage la vie des femmes africaines : elles viennent laver leur linge et faire la vaisselle dans le fleuve.

L’une d’entre elles s’avancent vers nous et décident de nous apprendre quelques mots de Zarma, l’une des langues locales.

Après cette petite pause, nous prenons une pirogue pour rejoindre l’île Boubon juste en face, une île pour les touristes avec un restaurant et des boissons « potables » pour les touristes. En effet, sur le marché de Boubon, les enfants voulaient nous vendre des canettes ouvertes remplies avec du jus qu’ils ont coupé avec de l’eau de leur forage, eau qui n’est pas suffisamment traitée pour un touriste. Sur cette île, un immense baobab trône majestueusement.



En fin d’après midi : le retour vers le relais. Notre piroguier nous rejoint sur l’île Boubon pour nous ramener vers le relais Kanasi, notre campement de base. Nous faisons un détour par l’île Kanasi : et là surprise !! Un hippopotame broute les herbes des marécages. Les hippopotames sont nombreux dans le secteur.

Ils sont l’attraction des touristes mais pas des habitants car ces animaux saccagent les jardins de l’île.

Nous accostons sur l’île: il y a de nombreux équipements qui ont été subventionnés par une ONG française : « Raoul Kanasi » : un forage, un centre de formation pour femmes, une école, … Et sur les branches des manguiers, des centaines de chauves souris, de la taille d’un corbeau, se disputent une place pour la nuit.

Puis nous repartons dans notre pirogue avec le coucher du soleil : magnifique ces couleurs sur le fleuve…



Et nous sommes accueillies au relais par un repas sur la terrasse, près du fleuve. Une table est dressée rien que pour nous deux !! Repas pris au clair de pleine lune, avec le bruit des grillons, et des hippopotames…



Une bonne nuit sous tente, nous permettra de rêver de ces si beaux paysages.

Dans un prochain article, je vous raconterai la suite de cette belle excursion.