lundi 11 janvier 2010

Cadeau...


Avec les fêtes, vous avez certainement reçu plusieurs cadeaux mais aussi offert petits ou gros cadeaux à vos proches, vos amis parce qu’à Noël nous avons l’habitude de le faire, pour montrer à ceux qui nous entourent qu’on les aime.

Ici, à Noël, peu d’enfants auront reçus des cadeaux, peut être auront-ils eu un repas un peu plus copieux que d’habitude…

Mais vous entendrez pourtant le mot « cadeau » tous les jours de l’année, pas seulement en décembre… Pourquoi ? Lorsque vous sortez de chez vous et que vous promenez sur les pistes ou bien surtout lorsque vous faites vos courses, des enfants ne vous dirons pas « bonjour » mais « cadeau », ou bien « donne-moi cadeau ». Une jolie façon de dire : « donne moi 100F ».

Et oui, pas moyen d’être tranquille lorsque l’on fait des achats ici : sans cesse des enfants qui nous tournent autour et qui tendent une assiette ou bien leur main pour recevoir une pièce.



Pour certains enfants, mendier, c’est leur activité quotidienne : soit parce qu’ils sont orphelins, ou bien que leur famille les envoie car elle n’a pas assez d’argent et ne peut se permettre de les envoyer à l’école.


Cependant, pour d’autres enfants, mendier est une obligation imposée par l’école coranique : pour leur « apprendre la vie », les maîtres les envoient tous les jours mendier leur repas !! Ils devraient peut-être plutôt leur apprendre un métier au lieu de leur apprendre à devenir des mendiants professionnels !! Ces enfants sont reconnaissables de loin car ils arrivent en bande avec une assiette accrochée par une ficelle autour du cou.


Mais il n’y a pas que les enfants qui mendient : des adultes pauvres, qui ne peuvent travailler car ils sont handicapés ou aveugles, car ici pas de couverture maladie. C’est à la famille élargie et aux amis de subvenir à ceux qui sont dans le besoin. Mais parfois, la famille est elle aussi trop pauvre.


Donc, à chaque carrefour, lorsque vous êtes arrêtés au feu rouge, des personnes, enfants ou adultes, viennent à votre fenêtre demander l’aumône.


Il vous est difficile de passer un jour sans être interpellés par cette misère.
Que faire ?Donner à la première personne que vous voyez ? Mais après, tous les enfants vous courent après pour eux aussi recevoir une pièce ?... ou bien faire une distribution de gâteaux ? Mais ce ne seront que des solutions temporaires…
Et puis il n’est pas possible de changer toute cette misère en un jour…


Mais si tous ces enfants pouvaient aller à l’école et apprendre un métier, peut-être que les conditions de vie évolueraient un peu, car le Niger est l’un des pays les plus pauvres de la planète avec un taux de scolarisation très faible : 33% des enfants vont jusqu’au CM2.
L'école serait ainsi le cadeau qui pourrait les aider...


jeudi 7 janvier 2010

La vie dans une capitale africaine

Quand on parle de capitale, on pense grands immeubles, grands boulevards, beaucoup de voitures et la foule sur les trottoirs. A Niamey, ce n’est pas tout à fait comme cela.
Déjà, vous atterrissez dans un petit aéroport pour une capitale, à peu près la taille de celui de Nîmes. Puis, vous prenez les grands boulevards pour rejoindre votre hôtel 3 étoiles, tout confort avec piscine, accès wifi, salle de projection cinéma : jusque là, ça ne change pas des grandes villes que vous avez l’habitude de fréquenter.


Mais si vous décidez de prolonger votre séjour, vous commencerez à vous rendre compte que vous êtes en Afrique.
Tout d’abord, vous cherchez une villa à louer, dans les beaux quartiers de préférence, toute entourée de hauts murs, avec un jardin agrémenté de grands arbres, mais surtout avec un gardien devant, obligatoire pour tous les étrangers si l’on souhaite garder tout son matériel et ne pas recevoir de visites dérangeantes.

Et puis, vous prenez le temps de vivre dans cette belle capitale qu’est Niamey, mais de jour bien sûr, ou de nuit, mais jamais seul car les étrangers sont hélas une cible facile.

Ainsi, voici ce qui vous attend :
6h30 : Niamey s’éveille au bruit de la prière musulmane ou des coqs si vous habitez dans les petits quartiers. Il fait encore à peine jour. Les habitants se préparent pour leur journée de travail. Les femmes ou les jeunes filles balayent la cour, d’autres femmes préparent la bouillie de mil ou la pâte pour les massas (beignets) qui seront vendus dans la rue.

7h : Niamey est bien éveillée : les vendeurs sont alignés le long de la piste, les enfants marchent, sacs au dos, pour l’école, les travailleurs se hâtent pour prendre un taxi ou bien marchent jusqu’à leur travail, et tout cela dans un joyeux vacarme de klaxons et dans un nuage de poussière.


Mais ce qui sera plus inhabituel pour un européen sera de voir les troupeaux de chèvres ou de moutons passer juste devant sa porte, mené par un touareg jusqu’aux pâturages ou bien sur le marché aux bêtes...


... ce sera aussi de voir certains enfants se promener pieds nus ou sans vêtement.

Puis si vous marchez 10 minutes pour rejoindre un axe principal goudronné, le bruit des voitures et des klaxons sera encore plus présent. Mais ce qui vous frappera le plus, ce sera la rencontre d’un chameau sur la route, au milieu des voitures, tiré par un paysan, et transportant tout un ballot de paille. Vous croiserez aussi des chariots tirés par deux enfants avec diverses marchandises: des bidons d'eau, de la paille, du bois; ou bien des chariots tirés par un âne, avec divers chargements.


Parfois, au beau milieu de la route, vous vous trouverez nez à nez avec une voiture ou une moto accidentée. Elle pourra rester deux heures, en attendant l’arrivée de la police pour le constat.


Et si vous vous préoccupez du code la route, il y a très peu de panneaux de direction : vous devez donc connaître votre chemin par cœur, très peu de panneaux de limitation de vitesse : vous pouvez donc rouler à l’allure que vous souhaitez. La ceinture est optionnelle, le casque pour les motos également. Et c’est le plus habile qui se faufilera entre les voitures pour arriver à son but.

Puis la circulation se calmera vers 9h du matin et reprendra vers 13h et surtout entre 17h30 et 18h juste avant la prière du soir.
Et là, si vous êtes piéton et que vous souhaitez traverser un grand axe, il faudra savoir être patient : parfois 10 minutes d’attente car il n’y a pas de passages pour les piétons.
Et vous croiserez les troupeaux qui rentrent chez leur propriétaire, les jeunes filles ou les femmes qui retournent chez elles avec, sur la tête, une grande bassine contenant de l’eau ou le mil pour le soir.

Vous passerez aussi au milieu d’une partie de foot improvisée sur la piste, par de jeunes garçons.

Et quand vous rentrerez chez vous, votre gardien vous dira :
« bonne arrivée ».

Voici donc un petit aperçu de la vie dans une capitale africaine : entre la vie pastorale et la vie urbaine.

dimanche 3 janvier 2010

A merry christmas and an happy new year


Les fêtes se terminent et je viens de passer deux semaines très spéciales:
Déjà, c'est la première année que je n'avais pas de vacances à cette période: c'est normal, je viens juste de commencer mon travail, et puis même si je travaillais, j'ai su prendre du bon temps avec mes amis,
De plus, c'est aussi mon premier noël loin de ma famille. Même si j'ai pu suivre en direct par skype la remise des cadeaux en France, ce n'est pas vraiment pareil...

Je vous disais que Noël n'etait pas très fêté ici au Niger: et bien je me suis un peu trompée sur le sujet. En effet, pourquoi il y aurait autant de jouets dans les magasins: il n'y a tout de même pas autant d'étrangers qui vivent dans ce pays.
Non, en fait Noël est fêté mais différemment: il n'y a pas de lumières dans les rues, pas de sapins décorés dans les allées. Les familles qui en ont les moyens offrent simplement des cadeaux à leurs enfants.

Pour les fêtes, je ne les ai pas passé avec des Africains, mais pendant ces 15 jours, j'ai fait connaissance de plusieurs familles de missionnaires canadiens et américains ou travaillant dans des ONG.
Ce n'était pas deux soirs de fêtes mais pratiquement 15 jours de rencontres: des soirées films sur le thème de noël, des repas, des conversations ou des discussions plus philosophiques ou religieuses et des jeux de société.
Et pour le repas du reveillon de Noël: un noël américain qui commence avec une grosse papillotte que chaque convive trouve dans son assiette: pour l'ouvrir, on doit être à 2, chacun tirant une extrémité. Et lorqu'elle s'ouvre avec un bruit de pétard, vous trouvez une devinette et un petit objet.


Bref, de bons moments de partage tout simple mais qui permettent de créer des amitiés à long terme.

Et voici une nouvelle année qui commence alors je vous souhaite à tous une bonne année et que Dieu puisse guider vos pas et votre vie.

samedi 19 décembre 2009

Deux mois au Niger… et toujours là…

Il y a un mois, je terminais mon bilan du mois écoulé en vous donnant RDV pour un nouveau bilan à la fin de mon deuxième mois en « terre inconnue ».


Et bien le voici :

Le Niger commence à devenir une «terre connue » :

De plus en plus de choses qui me surprenaient à mon arrivée ou même me choquaient sont maintenant devenues banales, voir normales !!
Par exemple, lorsque que je continue la piste principale de notre quartier qui passe devant les bureaux d’ADRA pour me rendre au marché, des tas d’ordures sont amassés sur une centaine de mètres.


La vue de ces déchets me répugnait et maintenant, c’est triste à dire, mais j’en vois tellement que je n’y fais même plus attention !!
Mais je suis tout de même encore surprise lorsque je vois une vache ou une chèvre au milieu de ces ordures en train de brouter non pas de l’herbe mais du carton !!

Je commence aussi à comprendre l’accent africain, car je ne l’avais pas précisé jusqu’à présent, mais il m’est arrivé plusieurs fois de me demander si mon interlocuteur me parlait français, alors que c’était son accent qui m’empêchait de le comprendre.

Je commence également à être habituée à la circulation « à la nigérienne » :
- les taxis se faufilant, créant une troisième voie pour aller plus vite et s’arrêtant brusquement pour prendre un passager,
- savoir choisir le bon moment pour traverser un boulevard aux heures de pointe.
Je deviens aussi une experte pour prendre le taxi : sur quelle voie me placer, dans quel sens et surtout ne plus me faire avoir sur le prix de la course : et oui, les étrangers sont la cible rêvée des vendeurs ou toute personne proposant un service. Les prix n’étant pas fixes, si l’on n’est pas un minimum au courant sur les prix, on peut payer le triple.

Et pour ce qui est du vécu de la culture africaine :
- Je déguste les beignets nigériens appelés « massa » accompagnés de poudre d’arachide et de piment,
- J’apprécie aussi la bouillie de mil,
- Je ne dis pas non lorsque je suis invitée à prendre le thé et discuter sur les coutumes du pays,
- Je commence à être invitée par plusieurs familles du quartier pour faire connaissance,
- Je suis souvent abordée par les jeunes gens qui veulent discuter, avoir mon numéro de portable et … demandent s’ils peuvent repartir en France avec moi…
- Je dois apprendre à vivre comme une « people » dans mon quartier. Je m’explique : quand je me promène, certains enfants me crient « bonjour Muriel ». Je leur demande comment ils savent mon nom : « mais vous êtes venue dans notre école d’ADRA ! ».


Mais ce qui m’a le plus surpris : la semaine dernière, un jeune m’aborde et me dis : « vous, vous travaillez à ADRA, vous habitez à ADRA, vous allez courir au stade, vous vous promenez avec telle personne, … » J’étais très surprise car je ne l’avais jamais vu !! Il m’observait tous les jours et il avait eu aussi ces informations par les voisins, les enfants, …
... et oui, ici, vie privée et vie collective : c’est la même chose !!

Sinon, côté vie professionnelle : un travail très enrichissant qui me passionne. Mon temps est partagé entre 2 projets (http://journaladra.blogspot.com/):
- Le suivi d’un centre de formation pour jeunes filles. Ce qui est le plus difficile pour moi est de savoir rester ferme et impartiale face à une ONG toujours plus demandeuse de fonds.
- Le projet d’hygiène par le lavage des mains : des rencontres dans des classes d’une école primaire pour comprendre le niveau des élèves, dans le but d’une création d’outils. Cependant, une question demeure : vont-ils être réellement adaptés au public ? En effet, même si je suis au Niger depuis deux mois, je ne connais pas encore assez la culture du pays pour connaître les codes culturels, les images utilisées pour décrire telle situation ou telle maladie…

Ainsi, après deux mois de vie au Niger, je peux dire que je me suis bien adaptée aux conditions de vie urbaine et je vois que je commence à vivre l’intégration dans ce pays car je compare de moins en moins ce que je vis avec ce que je connaissais en France.
Par conséquent, le bilan est positif.